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Danse et Folklore

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 22 nov. 2017
  • 4 min de lecture

« La danse est mouvement. […] C’est l’enchaînement des poses, le mouvement, qui crée la danse. Pour qu’un mouvement harmonieux rythmé soit de la danse, il faut qu’il ait été fait volontairement. » - Germaine Prudhommeau


Le folklore, selon une définition tirée du Petit Robert, est une “Science des traditions, des usages et de l’art populaire d’un pays, d’une région, d’un groupe humain. Ensemble de ces traditions. Chants, légendes populaires du folklore national, provincial.» Ce terme fût inventé par le Britannique J. W. Thoms en 1846 et fait état d'une culture populaire dans son aspect immatériel.

Pour considérer ces « danses » préhistoriques comme un folklore à part entière, il faut donc prendre en considération plusieurs éléments importants, à commencer par la compréhension même de l’usage de ces pratiques. Encore faut-il que les théories reposent sur des éléments scientifiques solides et reconnues par la majorité de la communauté scientifique. De fait, des traces de pas -relevés sur un site archéologique certifié-, ayant l’air de suivre un rythme, ressemblant beaucoup à ce que pourraient laisser nos propres pas de danse contemporains, ne suffisent pas à les considérer comme tel. Cependant, s’il est vrai que la recherche dans le domaine est actuellement assez pauvre, on ne peut nier en totalité la possibilité d’une telle activité, qui semble être innée chez l’Homme, ou du moins particulièrement primitive. Il ne serait pas surprenant qu’elle ait existé dès les temps les plus anciens, sans que nous n’ayons retrouvé ses traces. De plus, bon nombre de recherches ont été portées sur les comportements sociaux dès la domestication du feu. Et nous pouvons facilement imaginer que la danse fasse partie de ces comportements naissants.

Il est vrai que cette notion de folklore peut être ambiguë car on a tendance à la rattacher à des populations établies, à une certaine modernité culturelle, car c'est une occupation qui n'a rien à voir avec de la subsistance, ce sont des pratiques que l'on considère comme rituelles. C'est ce que Lévi-Strauss, en 1952, qualifiera d'activités sans « valeur utilitaire ». Pour l'époque, la danse est très certainement liée à la religion, cependant il est difficile de comprendre la place et l'importance de celle-ci dans leurs sociétés étant donné qu'elle est un des rares domaines artistiques à ne laisser aucune traces de son existence. L'étude en est donc fortement compromise.

Concrètement, au Paléolithique supérieur, nous avons quelques traces de pas conservées, il s'agit d'empreintes de pieds nus, d'enfants ou d'adultes, à Niaux par exemple, ou encore à la grotte de Pech-Merle, dans le Lot. Bien que ces vestiges soient scientifiquement exploitables, ils en deviennent complexes lorsqu'il il s'agit des les interpréter. En revanche, une source de renseignement inépuisable est celle de l'art pariétal, qui grâce à ses représentations très détaillées, a déjà par le passé enrichie nos connaissances, en matière d'anatomie par exemple. C'est donc vers cela que l'on se tourne tout naturellement pour y trouver une source d'inspiration, une piste, un début d'explication.

Il est inutile de citer de nouveau en détail la représentation du Sorcier de la grotte des Trois-frères, si ce n'est pour faire remarquer un certain mouvement de rotation sur lui-même. Selon certains chercheurs, l'Homme se servirait de la danse pour augmenter son énergie, et ce grâce à la survoltation. [Varagnac, 1970]

Pour bien comprendre cette notion, deux œuvres sont essentielles.

La première est la figure de Gabillou, dans une grotte près de Mussidan en Dordogne. Elle est

daté approximativement de 14 000 ans av. J.-C. On y voit une figure masculine de 30cm de haut et

vue de profil. La tête et le corps sont recouverts d’une dépouille de bison. Les jambes humaines suggèrent un mouvement circulaire sur place, comme un tournoiement. Le personnage est représenté volontairement avec un sexe ithyphallique, qui est sans doute dû à un état de transe. Il pourrait donc s'agir d'un homme dansant, lors d'une cérémonie rituelle par exemple.

La seconde est la gravure de la Ronde d’Addaura. Elle est d'autant plus unique que sa composition est assez rare. Elle serait daté de 8 000 ans av. J.-C. et se trouve en Sicile. Les sept figures qui la compose sont debouts, en ronde, rassemblées autour de deux personnages centraux.

Difficile d’interpréter le rôle de ces derniers qui semblent se contorsionner assez violemment, ils pourraient être destinés à un sacrifice ou encore mener la danse au centre comme dans certaines danses contemporaines d'anciennes cultures qui auraient subsisté. Le sens du mouvement irait de la droite vers la gauche. C'est dans tous les cas une innovation car l'on voit pour la première fois, non pas un personnage dansant seul, qui pourrait être interprété comme un chamane, mais bel et bien un groupe entier, dont le nombre peut être variable, et qui inspire un véritable sentiment de communauté, d'activité collective, impliquant tout un groupe. Cette gravure est notable car elle témoigne d'une évolution de représentation mais également d'un changement culturel.




En somme, ce n'est pas trop s'avancer que de dire que des danses existaient, néanmoins il est difficile de définir précisément et de manière certaine quels étaient leurs buts, et plus encore de savoir si la danse était privilégiée par un sexe ou si elle était plutôt mixte.


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© 2017 by Alicia ROJAS-MARQUEZ, Joan FULLOLA ISERN, Manon TIGNÈRES, Sigourney EHRMANN & Brigitte BIHAN

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