Le Chamanisme
- Admin

- 22 nov. 2017
- 2 min de lecture
Il existe de nombreuses découvertes d’art préhistorique dans les grottes et les abris sous roche. Que ce soit des peintures, gravures ou sculptures, une fascination de la technique et de leur ornement s’est développée chez les archéologues, les poussant à comprendre l’intérêt particulier de représenter des animaux dans des endroits bien spécifiques. En effet, on remarque que les hommes privilégiaient des endroits profonds et difficilement accessibles pour orner les parois ou encore qu’ils utilisaient une technique de chevauchements des dessins. Toutes ces informations amènent maintes questions et hypothèses à propos du but artistique visé par les hommes du Paléolithique.
En 1996, Jean Clottes et D. Lewis-Williams parlent de chamanisme dans l’art paléolithique. Le chamanisme est un ensemble de pratiques comportant un état de transe, propres à certaines sociétés de l’Asie centrale et de l’Arctique. Pour Jean Clottes, la grotte représente un lieu de passage entre deux mondes : celui des hommes et un autre monde parallèle. Elle est assimilée à un sanctuaire dans lequel se déroulent des rituels dirigés par un chamane. Celui-ci, par le biais des diverses peintures et gravure
s qui se chevauchent, entre dans un état de transe et d’hallucinations lui permettant de relier l’homme avec la nature. Cet art serait donc utilisé afin de créer une atmosphère magique et fantastique que l’on pourrait se risquer à identifier comme religieux.
La représentation majeure de l’art paléolithique concerne les animaux tels que les bisons, les aurochs, les chevaux… Ce qui amène fréquemment une question : n’existe-t-il pas des représentations humaines ? Il en existe que très peu, environ une centaine. Par contre, on relie à ce thème plutôt rare les créatures composites appelées aussi anthropozoomorphes, thérianthropes ou encore sorcier. Ce sont des créatures mêlant un côté humain et un côté animal, leur donnant un aspect fantastique.
On retrouve ce genre de représentations dès l’Aurignacien, notamment dans la grotte des Trois Frères
à Montesquieu-Avantès dans l’Ariège,

où sont représentés le fameux petit sorcier à l’arc musical et l’être composite qui domine de plusieurs mètres la salle du Sanctuaire. Le petit sorcier est un homme-bison qui semble danser tout en tenant une sorte d’instrument enfoncé dans la narine. Peut-être une flûte nasale ? Si cela est avéré, il s’agirait là de la première représentation musicale. L’être composite lui, s’apparente aussi à un sorcier mélangeant divers animaux : une queue de cheval au galop, des yeux de chouette, un bec d’aigle, des oreilles de loup, des ramures de renne mais aussi un sexe humain rejeté vers l’arrière et une barbe.

Ces représentations sont majeures dans le questionnement du chamanisme au Paléolithique. Et bien que Jean Clottes ait étudié et démontré son hypothèse avec minutie, elle reste malgré tout très controversée par les autres préhistoriens qui n’y voient qu’une simple imagination débordante. On peut ajouter à ces représentations hors du commun les traces de pas ainsi que les instruments divers retrouvés au cours du temps paléolithique, marqueurs d’une hypothétique présence musicale à cette époque.


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