Les instruments préhistoriques
- Admin

- 22 nov. 2017
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Dernière mise à jour : 6 déc. 2017
La musique est l’un des principes les plus difficiles à chercher dans les origines humaines. Leurs traces ne sont pas du tout évidentes et non plus leurs objets. L’archéologie nous a montré les premières preuves matérielles du Paléolithique, avec lesquelles on a pu déterminer une datation plus ou moins exacte de l’apparition des premiers objets musicaux.
La majorité des objets proviennent de contextes associés aux Homo sapiens, c’est à dire, du Paléolithique Supérieur, mais ils existent encore des doutes sur si l’espèce de Néanderthal peut être classée aussi comme une espèce capable de produire de la musique. En tout cas, on n’a pas trouvé suffisamment de preuves matérielles pour affirmer fortement que cette espèce fabriquait normalement des instruments musicaux (Morley, 2013).
La majorité des objets trouvés sont des flûtes fabriquées à partir de diaphyses d’oiseaux perforées qui ont plus ou moins une structure similaire et qui répondent au même besoin (Buisson, 1990). Ils existent aussi des autres catégories d’instruments plutôt inconnues, comme les sifflets (Fig.1) ou les lithophones, qui ne sont pas si faciles à reconnaître. Par conséquent, on doit prendre en considération qu’on identifie plus facilement ces instruments dont la morphologie est la plus similaire à l’actuelle. Donc, on doit reconnaître que l’étude des instruments musicaux a été biaisé pour une vision partielle consacrée à l’investigation des objets les plus familiers à nous : les flûtes.

Figure 1 Sifflet sur phalange. L'abri de Laugerie-Basse, Dordogne
Les flûtes sont présentes depuis le début du Paléolithique Supérieur, comprenant les périodes de l’Aurignacien (40.000 à 29.000 BP), Gravettien (31.000 à 22.000 BP), Magdalénien (17.000 à 12.000 BP) et ils existent aussi quelques exemples dans le Solutréen (22.000 à 17.000 BP). Or, la plupart des flûtes appartiennent au Gravettien (Morley, 2013).
C’est le cas d’Isturitz (Pyrénées Atlantiques), l’un des sites les plus spectaculaires au niveau des trouvailles de flûtes paléolithiques. Isturitz est une grotte où on y trouve la séquence complète du Paléolithique Supérieur. Dans cette séquence les manifestations d’art y sont bien présentes dès le début : des objets d’os, bois et ivoire ornés et perforés, plaques de pierre gravées, art pariétal et une stalagmite ornée qui a des propriétés acoustiques. Le fait que les flûtes apparaissent pendant toutes les phases chronologiques suggère que le site a une série de caractéristiques propres (acoustique, premières matières, emplacement) qui facilitent la production de ce type d’instruments. Quelques diaphyses d’oiseaux utilisées pour la fabrication de flûtes ont pu être identifiées comme appartenant à la famille des Accipitriformes (ou rapaces diurnes), mais à cause des transformations anthropiques et des fragmentations des pièces on ne peut pas faire une classification taxonomique aisée. Ils existent des pièces très complètes et des pièces en très mauvais état, mais grâce à la grande quantité de matériel on a pu identifier des différentes étapes de fabrication. On a pu déterminer aussi des différents types de décorations, soient des fines incisions parallèles ou bien des lignes ondulées à travers de la flûte (Fig. 2) (Buisson, 1990).

Figure 2 Détail d'une flûte du site d'Isturitz, où on voit des incisions parallèles à coté d'un trou aménagé.
L’autre centre de production de flûtes on doit le chercher au Jura souabe (en allemand, Schwäbische Alb) qui est une chaîne de montagne du sud-ouest de l'Allemagne. Là-bas ils existent des différentes grottes (Geissenklösterle, Hohle Fels, Vogelherd) où on y trouve des fameux exemples d’éléments symboliques comme des sculptures d’animaux et d’humains, des pièces gravées et des autres éléments symboliques. Toutes les flûtes trouvées proviennent de l’Aurignacien et appartiennent à la même tradition de fabrication. Elles sont fabriquées avec différents radius de cygne (Cygnus cygnus) (Fig. 3), de vautour fauve (Gyps fulvus) (Fig. 4 hohle fels) et d’ivoire de mammouth (Mammuthus primigenius) (Morley, 2013). Des différentes étapes de fabrication ont été aussi identifiées dans les sites, puisque la transformation de l’os en flûte est un processus qui laisse des traces caractéristiques et identifiables pour reconstituer la chaîne opératoire. En outre, le traitement de l’ivoire pour en faire une flûte est vachement plus complexe que le traitement appliqué aux os d’oiseaux; cela veut dire qu’il existait une technique très développée spécifiquement pour ce type d’instrument. On peut voire clairement que le processus est notamment différent pour les caractéristiques que la flûte présente: il y a des stries par tout l’objet qui nous montrent que leur forme a été sculptée avec beaucoup de précision et surtout au moment dans lequel l'artisan a soigneusement fendu la pièce le long des couches naturelles de l'ivoire (Conard, 2007).

Figure 3 Flûte de Geissenklösterle

Figure 4 Flûte de Hohle Fels


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