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Neurosciences et cognition musicale

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    Admin
  • 22 nov. 2017
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 déc. 2017


Larousse définit la cognition comme étant un terme renvoyant à l'ensemble des structures et activités psychologiques dont la fonction est la connaissance, par opposition aux domaines de l’affectivité. Ainsi nous pouvons définir la musicalité comme un trait naturel, se développant spontanément, basé et contraint par la biologie et la cognition. A contrario, la musique peut être définie comme une construction sociale et culturelle basée sur cette musicalité même. Cependant, comme l’énoncent Henkjan Honing et Annemie Ploeger dans Cognition and the Evolution of Music : Pitfalls and Prospects (Cognition et évolution de la musique: pièges et perspectives) « il est important de séparer les aspects biologiques (ou génétiques) et cognitifs (ou fonctionnels) susceptibles de contribuer à la musicalité. Bien qu'il soit commun de supposer qu'il existe une cartographie entre des génotypes spécifiques et des traits cognitifs spécifiques, de plus en plus d'études montrent que les espèces apparentées génétiquement peuvent montrer des compétences cognitives similaires que les espèces génétiquement plus proches ne parviennent pas à montrer (De Waal, 2009). Par exemple, les humains et les oiseaux semblent partager leur musicalité jusqu'à un certain niveau, alors que les humains et les chimpanzés ne le font pas (Fitch, 2009). »

Selon Steven Mithen, professeur et spécialiste de la préhistoire à l’Université de Reading, la musique serait naît à partir de la notion « d’identité culturelle » apparu avec Homo sapiens, « bien sûr, la musique d'alors était bien différente de celle d'aujourd'hui. Elle n'avait pas la même musicalité. Cela consistait plutôt en des sons, des rythmes, par exemple en tapant des mains ou des pieds ». La notion de rythme se développe très tôt chez l’être humain et semble pouvoir s’acquérir par certaines espèces d’oiseaux. Elle découle d’une certaine capacité, prédisposition, à un mode de communication complexe, essentiellement constitué de « vocalises », qui amènera chez l’Homme la capacité du langage.

Chez l’Homme, les liens sociaux et émotionnels sont favorisés et renforcés au sein d’un groupe en partie grâce à la musique, théorie reprise par Robin Ian MacDonald Dunbar, où chant et danse imitent les effets neurochimiques du toilettage social de nos ancêtres hominiens, tels que la libération d’endorphine, qui ont des conséquences sociales importantes. Les recherches au cours du dernier siècle démontrent plusieurs récits adaptatifs de la musique, par exemple, Charles Darwin pensait que la musique n’avait aucun avantage sur la survie humaine, mais suggérait qu’elle pouvait jouer un rôle potentiel dans le succès de la reproduction, soutenant que les vocalisations musicales précédaient le langage.

On pourrait apparenter l’utilisation de la musique comme une technologie (point de vue non-adaptatif), semblable au contrôle du feu par les premiers humains, aux conséquences biologiques et culturelles non-négligeables. Mais reste le dilemme que la musique provienne soit d’une adaptation évolutive, soit d’un produit de la culture. Néanmoins, « L'unicité de la musique pour les humains, son universalité à travers les cultures et son émergence précoce dans le développement sont compatibles avec la musique en tant qu'adaptation évolutive. Cependant, la flexibilité et la générativité de la musique et son évolution rapide sont compatibles avec la transmission culturelle plutôt qu'avec l'adaptation. Selon Trainor, l'adaptation et la transmission culturelle sous-tendent les origines de la musique » (Without it no music: cognition, biology and evolution of musicality).



 
 
 

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© 2017 by Alicia ROJAS-MARQUEZ, Joan FULLOLA ISERN, Manon TIGNÈRES, Sigourney EHRMANN & Brigitte BIHAN

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